Les jeunes sont-ils apolitiques, individualistes et désintéressés des choix de leur société? Vrais mensonges, fausses perceptions, rumeurs, peu importe, puisqu’il est possible d’agir et de faire en sorte que ces jeunes se responsabilisent, s’engagent, et s’intéressent au fonctionnement démocratique et représentatif de leur société. C’est en effet la prétention de notre projet Jeunes citoyennes actives.
Ainsi, pour assurer la viabilité, l’équité et la fonctionnalité de notre société, il nous faut former une relève et en particulier des jeunes femmes. Une relève prête à siéger et à nous représenter au sein des instances décisionnelles ou à tout le moins devenir des citoyens-nes intéressés-es aux questions et aux espaces publiques. Pour ceci, il nous faut convaincre les jeunes de l’importance de s’engager dans des lieux de pouvoir et ainsi d’influencer les décisions. Pourquoi, porter une attention spéciale aux jeunes femmes? Pour redresser le déficit démocratique que représente la faible présence des femmes dans l’enceinte des lieux décisionnelles et pour agir concrètement et positivement sur les concepts d’égalité et d’équité qui sont des valeurs que nous voulons concrétiser. C’est pourquoi, il est essentiel d’agir sur deux fronts : soit le désintéressement des jeunes envers l’engagement actif au sens large et la sous-représentation des femmes dans les instances décisionnelles.
L’organisme PÉPINES a effectué dans l’année 2003 une recherche-action au sujet de la participation citoyenne active des jeunes femmes. Cette étude a été menée auprès de 340 jeunes de la Ville de Sherbrooke âgés entre 15 et 30 ans pour bien cibler les principales problématiques rencontrées par les jeunes. Voir les faits saillants de la recherche. Parmi celles-ci ressort le manque d’information au sujet des instances décisionnelles. En effet, 80 % des jeunes interrogés nous ont signifié leur manque d’information sur les possibilités d’implication dans ces instances. Nous avons aussi remarqué l’iniquité régnant dans les instances décisionnelles ouvertes aux jeunes, une sous-représentation féminine en nombre mais aussi dans la hiérarchie des postes. Dans les faits, la présidence et la vice-présidence étant presque exclusivement occupées par des jeunes hommes. Dans le même ordre d’idées, mentionnons aussi la difficulté spécifique des jeunes femmes de se placer en situation d’élection à cause d’une peur de la compétition. Comme causes responsables de cette sous-représentation féminine, notre étude nous révèle certains stéréotypes encore véhiculés aujourd’hui et qu’il nous faudra déconstruire. Nous pouvons citer en exemples : l’hypersensibilité des femmes, leur manque de leadership ou de fermeté, leur rapport à la sexualité et leur peur de la compétition. Il sera aussi important de démontrer aux jeunes hommes et jeunes femmes la pertinence de l’équité, gage d'une représentativité de la diversité d’idées véhiculées dans la société. Leur démontrer que l’homme et la femme se complètent dans leurs différences et les sensibiliser au fait que l’équité n’est pas seulement une histoire de filles. Finalement, d’autres obstacles devront être contrés comme la vision négative du pouvoir qu’ont les jeunes, qu’ils définissent souvent comme corrompu et lointain. Sans oublier le défaitisme généralisé quant à leurs capacités de changer et d’influencer la société.
Pour résoudre ces problématiques, il faut tout d’abord convaincre les jeunes de 15 à 30 ans de participer concrètement aux choix de leur société par leur présence dans les lieux décisionnels. Pour ceci, il faut premièrement les sensibiliser à l’importance de ces lieux de pouvoir par rapport aux impacts présents et futurs des décisions qui y sont prises. Ce travail de sensibilisation doit être fait d’une manière particulière pour bien rejoindre les jeunes. C’est pour cette raison que nous avons créé, en étroite collaboration avec le groupe Relais-Femmes, un outil d’intervention. Cet outil repose sur le concept des jeux de table, mais ici c’est à grandeur nature qu’on y joue. Voir la planche de jeu. Les apprentissages se font ainsi par le jeu et en équipe. Cette intervention ressemble aux jeunes : formule dynamique, participative et équitable. Cette intervention a déjà été présentée à plus de 200 jeunes dans le milieu scolaire (niveaux secondaire et collégial), dans des maisons de jeunes et des associations diverses.
Nous souhaitons ainsi de convaincre les jeunes, spécifiquement les filles, de l’importance d’être présent dans les instances de pouvoir. Nous leur démontrons les bienfaits de l’équité d’une manière novatrice soit en responsabilisant les jeunes - gars et filles - aux rôles respectifs qu’ils ont à jouer pour l’atteinte de l’équité de représentation. L’équité d’une manière novatrice, où elle n’est pas seulement l’affaire des filles et où les jeunes ont la chance d’expérimenter des situations concrètes.
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